[On en parle] Amour et cravache, pourquoi ça marche?

Infrarouge, émission de débat Suisse, reprend le phénomène qu’est la saga Fifty Shades et décode le pourquoi du comment cette série marche.

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Je vous ai fait un rapide topo des points forts de l’émission qui dans l’ensemble est très positive par rapport au livre. Il est vu au-delà de son étiquette de roman SM et chaque intervenant apporte de juste arguments pour expliquer son succès.

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Joël Dicker – Ecrivain
– succès anormal pour un livre dans le sens où très peu de livres se vendent à autant d’exemplaire
– mais c’est positif car ça veut dire qu’un livre peut réussir à faire parler de lui et peu importe que ce soit un bon livre ou pas
– son livre est passé devant Fifty Shades dans les ventes mais il reste très humble en expliquant que recevoir le prix de l’académie française a dopé ses ventes
– il évoque aussi les médias et leur effet, il se demande d’ailleurs quel livre se vendra le mieux entre le sien et Fifty Shades grâce à l’émission
– oui on peut se poser la question de si un livre est mal écrit ou pas mais qu’il ne faut pas confondre mauvaise écriture et fluidité
– il reconnait s’être ennuyé avec le livre dans le sens où il s’attendait à bien moins soft
– à avoir si les autres tomes vont aussi bien se vendre ou si c’est juste une mode. On peut citer Harry Potter qui a ouvert à l’univers de la magie, est-ce que ce livre va faire pareil?
– est-ce qu’on n’aurait pas mis une mauvaise étiquette sur ce livre?
– est-ce que ce n’est pas ça qui a qui a poussé à la curiosité?

Isabelle Falconier – Présidente du Salon du livre et de la presse de Genève
– le succès du livre s’explique par le fait que ce soit un livre sans frontières, simple à lire
– le livre est arrivé au bon moment sur différents plans: d’abord social avec les femmes qui prennent de plus en plus en main leur sexualité, technologique aussi étant donné que le livre est d’abord sorti en numérique et qu’à présent 1 millions d’exemplaires se sont vendus sur le Kindle ce qui permet de lire le livre en toute discrétion
– on se trompe sur le livre car c’est d’abord une romance et ensuite, elle est épicée par des scènes érotiques
– il ne faut pas comparer ce livre avec des livres ou des films pornographiques
– fonction sociologique du livre qu’il ne faut pas dénigrer
– l’auteur elle-même ne pratique pas le SM, ce sont des fantasmes et c’est pour ça que les personnages sont caricaturaux
– c’est un monde de fantasmes fait pour alimenter nos fantasmes
– l’étiquette de « mom porn » ne correspond pas par rapport à la cible. Le livre n’est pas lu par des femmes de 60 ans mais plutôt des femmes de 30 ans qui ont lu Twilight et qui sont frustrées de la relation entre les personnages

Catherine Robbe-Grillet – Ecrivain & pratiquante du SM
– trouve que le roman est mal écrit et déplore les trop nombreuses répétitions
– malgré cela, elle reconnait que l’auteure n’a pas eu le souci littéraire mais a voulu écrire une belle histoire d’amour qui est réussie
– le succès attire le succès, à force quand on voit que ça marche, on a envie d’aller voir pourquoi
– ça reste une romance avec très peu de pornographie et le SM arrive seulement à la fin
– elle rappelle que dans la relation dominant-soumise, c’est la soumise qui dirige
– on ne dit pas assez qu’on peut être une femme de pouvoir dans sa vie sociale et une femme soumise dans sa sexualité
– ce sont surtout des hommes qui s’intéressent au SM, il n’y a qu’à voir sur internet et c’est pour ça que les femmes sont souveraines
– il existe encore une gêne aujourd’hui à parler de sexe et c’est pour ça que le livre marche car il ouvre une porte à parler de sexe

François Payot – Responsable littérature chez Payot Genève
– le roman a été premier des ventes dès le premier jour

Milena Lawrence-Samuel – Vendeuse
– acheteurs principalement des femmes entre 25 et 50 ans

Willy Pasini – Sexologue
– la télévision aide beaucoup à lancer un livre
– c’est un livre qui marche car c’est une belle histoire d’amour
– il faut distinguer le porno hard qui relie amour et mort avec la perversion soft et la liberté de faire ou de ne pas faire

Cléa Carmin – Ecrivain érotique
– le livre a été décevant car elle s’attendait à une lecture érotique et qu’elle l’a trouvé très gentillet
– ça reste intéressant pour des femmes qui n’auraient pas osé la littérature érotique

Marina Bonnet – Propriétaire du sex-shop pour femmes « Bonbon Rose »
– ils vendent aussi des livres érotiques et Fifty Shades se vend très bien
– ces clientes fonctionnent beaucoup au bouche à oreille et reconnaissent pouvoir le conseiller à leurs amies

Catherine Armand – Blogueuse & journaliste
– c’est un livre qui marche car il exploite un créneau peu exploité
– ça change des livres Harlequin car Fifty Shades est un peu plus étaillé

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Vous pouvez consulter la vidéo en entier ici, ou la version courte par là.

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